Nom de domaine, code, données : ce qui doit vous appartenir.
On découvre souvent ce qui ne nous appartient pas le jour où l’on veut partir. Le prestataire ferme, change ses conditions, ne répond plus. Et l’on apprend que le nom de domaine est à son nom, que le site ne peut pas être déplacé, que la fiche Google est rattachée à son compte.
Ce guide passe en revue, élément par élément, ce qui doit être à vous, comment le vérifier sans compétence technique, et ce qu’il faut faire écrire dans le contrat. La dernière partie explique comment reprendre la main si vous êtes déjà dans l’impasse.
Le nom de domaine : votre adresse, vos emails, votre historique.
Le nom de domaine (votre-entreprise.fr) est l’élément le plus important de la liste. Il porte votre site, vos adresses email et tout l’historique accumulé auprès de Google. Il se loue à l’année auprès d’un registraire (un bureau d’enregistrement agréé) et se renouvelle.
Il doit être enregistré au nom de votre entreprise, qui en est le titulaire. Le prestataire peut en assurer la gestion technique, comme contact technique ; il n’a pas à en être le titulaire. Pour un .fr, l’Afnic, l’association qui gère cette extension, permet de consulter le titulaire d’un domaine dans son annuaire public lorsque c’est une personne morale.
Vérifier son nom de domaine.
- Le titulaire est votre entreprise, ou vous-même.
- L’adresse email de contact est une adresse que vous consultez réellement.
- Le renouvellement automatique est activé, et la date d’expiration notée dans votre agenda.
- Vous savez obtenir le code de transfert (appelé code AUTH ou code d’autorisation).
- Le verrou de transfert est activé, pour empêcher un transfert que vous n’auriez pas demandé.
Les erreurs à éviter.
- Laisser le domaine expirer parce que les rappels partent vers une ancienne adresse : il peut alors être enregistré par quelqu’un d’autre.
- Enregistrer le domaine via le compte personnel d’un salarié ou d’un proche.
- Confondre le titulaire, qui possède le domaine, et le contact technique, qui le gère.
L’hébergement et les adresses email.
L’hébergement, c’est l’ordinateur toujours allumé qui sert votre site. Il est souvent fourni par le prestataire dans le cadre d’un contrat de maintenance : c’est courant et pratique. L’important est de savoir où il se trouve, qui en a les clés, et comment en partir.
Les adresses email méritent une attention à part : ce sont souvent elles qui posent le plus de difficultés lors d’un changement. Sachez chez quel service elles sont hébergées, et assurez-vous de pouvoir créer une adresse, en supprimer une ou changer un mot de passe sans demander à personne.
- Le nom de l’hébergeur et le pays où se trouvent les serveurs.
- Qui fait les sauvegardes, à quelle fréquence, et comment en récupérer une.
- Le service qui héberge vos emails, et un accès administrateur à ce service à votre nom.
- La procédure et le délai pour déplacer le site ailleurs.
Le code et les contenus du site.
Le code, ce sont les fichiers qui font fonctionner votre site. Les contenus, ce sont vos textes, vos photos, vos vidéos. Les deux doivent pouvoir vous être remis dans un format qui permet à un autre professionnel de reprendre le site.
Attention aux mots du contrat. En droit français, l’auteur d’une création, y compris un site ou un logiciel développé sur mesure par un prestataire, en conserve les droits tant qu’ils ne sont pas cédés par écrit. Le Code de la propriété intellectuelle demande que la cession précise les droits cédés, leur étendue, leur destination, le territoire et la durée.
Certains sites reposent sur une plateforme en ligne de création de sites : vous louez un espace et des outils, sans pouvoir emporter la mise en page. C’est un choix possible, à condition de le faire en connaissance de cause et de pouvoir au moins exporter vos contenus.
Ce que vous pouvez emporter selon le type de site
| Type de site | Ce que vous pouvez récupérer | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Développé sur mesure, droits cédés | Le code, les contenus, les données | La cession doit être écrite et précise |
| Logiciel libre installé (type WordPress) | Les fichiers, la base de données, les contenus | Thèmes et extensions parfois sous licence au nom du prestataire |
| Plateforme en ligne de création de sites | Les textes et les images, parfois un export partiel | La mise en page reste sur la plateforme |
| Site loué avec un contrat de longue durée | Souvent les seuls contenus, parfois rien | Lire la clause de fin de contrat avant de signer |
Type de site : Développé sur mesure, droits cédés
- Ce que vous pouvez récupérer :
- Le code, les contenus, les données
- Point de vigilance :
- La cession doit être écrite et précise
Type de site : Logiciel libre installé (type WordPress)
- Ce que vous pouvez récupérer :
- Les fichiers, la base de données, les contenus
- Point de vigilance :
- Thèmes et extensions parfois sous licence au nom du prestataire
Type de site : Plateforme en ligne de création de sites
- Ce que vous pouvez récupérer :
- Les textes et les images, parfois un export partiel
- Point de vigilance :
- La mise en page reste sur la plateforme
Type de site : Site loué avec un contrat de longue durée
- Ce que vous pouvez récupérer :
- Souvent les seuls contenus, parfois rien
- Point de vigilance :
- Lire la clause de fin de contrat avant de signer
Les erreurs à éviter.
- Signer un contrat de location sans clause de restitution.
- Accepter que les photos fournies par le prestataire restent sous licence à son nom, sans droit d’usage après votre départ.
- Ne pas garder vous-même une copie de vos textes et de vos photos d’origine.
Les données de vos clients.
Réservations, demandes de devis, commandes, inscriptions à la lettre d’information : ces données concernent vos clients, et c’est vous que le RGPD désigne comme responsable de leur traitement. Le prestataire qui les héberge agit pour votre compte, comme sous-traitant, et l’article 28 du RGPD impose un contrat qui encadre ce rôle.
Vous devez pouvoir exporter ces données à tout moment dans un format courant (un tableur ou un fichier CSV), et savoir combien de temps elles sont conservées avant d’être supprimées.
Pour vos données.
- Un contrat de sous-traitance, ou une clause RGPD dans le contrat principal.
- Un export possible à tout moment, dans un format standard.
- Un hébergement connu, de préférence dans l’Union européenne.
- Une durée de conservation définie, et la suppression des données anciennes.
- Une politique de confidentialité à jour sur le site, qui décrit ces traitements.
Les comptes Google et les outils en ligne.
Vos comptes en ligne sont des actifs, au même titre que le domaine. La règle est simple : vous en êtes propriétaire, et votre prestataire y est invité comme utilisateur. Il peut travailler, et vous pouvez retirer son accès le jour où vous changez.
- La fiche d’établissement Google (Google Business Profile) : vous en êtes le propriétaire principal.
- La Search Console : la propriété est validée sur votre compte, le prestataire y est ajouté comme utilisateur.
- L’outil de statistiques de visite : le compte est à votre nom.
- Le compte du prestataire de paiement en ligne : toujours à votre nom, puisque c’est votre argent qui y transite.
- L’outil de réservation ou de prise de rendez-vous, et les réseaux sociaux de l’entreprise.
Les erreurs à éviter.
- Créer la fiche Google depuis le compte du prestataire, « pour aller plus vite ».
- Partager un seul mot de passe entre plusieurs personnes, au lieu de donner à chacune son propre accès.
Les clauses à faire écrire avant de signer.
Ces garanties se négocient avant la signature ; après, elles deviennent difficiles à obtenir. Demandez qu’elles figurent noir sur blanc dans le contrat ou dans les conditions générales.
- La titularité du nom de domaine au nom de votre entreprise.
- La cession des droits sur le code et les contenus créés pour vous, une fois le site payé.
- La réversibilité : ce qui vous est remis si vous partez, dans quel format et sous quel délai.
- La durée d’engagement et les conditions de résiliation.
- Le lieu d’hébergement des données et le contrat de sous-traitance RGPD.
- La liste des comptes créés pour vous, dont vous êtes propriétaire.
Reprendre la main si vous êtes déjà coincé.
Découvrir qu’un élément n’est pas à votre nom n’a rien de définitif. Commencez par une demande courtoise et écrite : elle suffit souvent. Puis avancez dans cet ordre.
Faire l’état des lieux.
Listez ce qui est à votre nom et ce qui ne l’est pas : domaine, hébergement, emails, comptes Google, données.
Demander par écrit.
Envoyez une demande datée : changement de titulaire ou code de transfert du domaine, export des données, remise des contenus.
Récupérer la fiche Google.
Si vous n’avez pas accès à votre fiche d’établissement, Google propose depuis la fiche une procédure de demande d’accès ou de revendication de propriété.
Sécuriser l’essentiel en premier.
Le nom de domaine et les emails passent avant le site : avec eux, vous pouvez reconstruire le reste.
Se faire conseiller en cas de blocage.
Pour un .fr, l’Afnic propose des procédures de résolution des litiges. Votre chambre de commerce, votre chambre de métiers ou un avocat peuvent aussi vous orienter.
Sources.
Pour aller plus loin, notre expertise : Sécurité et maintenance.
Voir l’expertiseQuestions fréquentes.
Comment savoir à qui appartient mon nom de domaine ?
Une recherche « whois » sur votre adresse indique le registraire et, souvent, le titulaire. Pour un .fr, l’annuaire de l’Afnic affiche le titulaire quand c’est une entreprise. Votre prestataire doit aussi pouvoir vous montrer, dans son interface, que le titulaire est bien votre entreprise.
Mon prestataire a acheté le domaine pour moi. Est-ce un problème ?
Pas forcément, si le domaine est enregistré à votre nom et que lui n’en assure que la gestion : seul le titulaire compte. S’il est au nom du prestataire, demandez un changement de titulaire, une opération courante chez les registraires.
Un site créé sur une plateforme en ligne m’appartient-il ?
Vos textes et vos images vous appartiennent, mais le site lui-même reste sur la plateforme : vous louez un espace et des outils. Vérifiez les possibilités d’export avant de vous lancer, et gardez votre nom de domaine chez un registraire indépendant de la plateforme.
Le prestataire peut-il garder mes données après mon départ ?
Non. En tant que sous-traitant au sens du RGPD, il doit, à la fin du contrat, vous rendre les données ou les supprimer, selon votre choix. C’est une obligation prévue par l’article 28 du règlement, à rappeler dans le contrat.
À quelle fréquence faut-il vérifier tout cela ?
Une fois par an suffit, par exemple à la date de renouvellement du nom de domaine : titulaire, date d’expiration, liste des personnes qui ont accès à vos comptes. Retirez à cette occasion les accès des personnes qui ne travaillent plus avec vous.
Que se passe-t-il si je quitte Mon app est prête ?
Nous vous remettons le code et vos données dans un format standard. La réversibilité est écrite dans nos conditions, votre nom de domaine est à votre nom, et aucune durée d’engagement ne vous retient.
Les autres guides.
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