Préparer son projet de site internet : la méthode avant la technique.

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Quand un site déçoit, le design est rarement en cause. Le plus souvent, il a été lancé sans réponse claire à trois questions : à quoi il sert, à qui il parle, et comment on saura qu’il fonctionne. Faute de réponse, chacun projette ses goûts, les allers-retours s’enchaînent et le site final ressemble à un compromis.

Ce guide suit la méthode que nous appliquons avec chaque client, dans l’ordre. Elle tient en sept étapes et ne demande aucune connaissance technique. À la fin, vous aurez un brief d’une page à remettre à n’importe quel prestataire, nous compris.

Fixer un objectif que l’on peut vérifier.

« Avoir un site » ne dit pas ce que le site doit produire. Un objectif utile se vérifie : plus d’appels, plus de réservations, des demandes de devis mieux remplies, moins de questions répétées au téléphone. Choisissez-en un, deux au maximum. Ils guideront chaque décision : ce qui sert l’objectif entre dans le site, le reste attend.

Formulez-le en une phrase qui commence par « Dans six mois, mon site doit… ». Par exemple : « Dans six mois, mon site doit m’apporter des demandes de devis pour des rénovations de salle de bains autour de mon atelier. » Cette phrase dit déjà la cible, le service, la zone et ce que l’on mesurera.

Exemples par métier

  • Restaurant

    Remplir les services du midi en semaine grâce à la réservation en ligne, et ne plus décrocher pour donner les horaires.

  • Artisan

    Recevoir des demandes de devis complètes (type de travaux, photos, adresse) pour éviter les déplacements inutiles.

  • Commerce

    Faire venir en boutique des clients qui ont vérifié en ligne qu’un produit est disponible, et vendre en ligne les articles phares.

  • Salon

    Faire prendre les rendez-vous en ligne, de jour comme de nuit, et limiter les rendez-vous oubliés grâce aux rappels.

Décrire le client qui arrive sur votre site.

Votre visiteur parcourt le site avec une question en tête, souvent depuis son téléphone, souvent pressé. Il faut connaître cette question avant d’écrire la première ligne. Décrivez votre client type en trois phrases : qui il est, dans quelle situation il vous cherche, et ce qui le fera choisir vous plutôt qu’un autre.

La situation compte autant que le profil. La même personne cherche un restaurant différemment un mardi midi près de son bureau et un samedi soir pour un anniversaire. Un artisan est appelé en urgence pour une fuite, ou consulté des mois à l’avance pour une rénovation. Ce sont deux visites, deux attentes, et souvent deux pages.

  • Qui est-il ? Un particulier, une entreprise, un habitué du quartier, un visiteur de passage.
  • D’où arrive-t-il ? D’une recherche Google, de Maps, d’Instagram, d’une recommandation.
  • Que veut-il savoir tout de suite ? Vos horaires, votre zone, vos délais, vos disponibilités.
  • Qu’est-ce qui le rassure ? Des photos réelles, des avis, des qualifications, une adresse.
  • Qu’est-ce qui le fait partir ? Une page lente, un numéro introuvable, une carte en PDF illisible sur téléphone.

Les erreurs à éviter.

  • Écrire pour soi ou pour ses confrères, avec le vocabulaire du métier que le client n’emploie pas.
  • Vouloir parler à tout le monde : un site qui s’adresse à tous ne convainc personne en particulier.
  • Penser le site sur un grand écran alors que vos clients le consultent surtout en déplacement.

Choisir une action principale par page.

Chaque page doit mener à une action, une seule mise en avant. Les autres restent possibles, plus discrètes. Un visiteur à qui l’on propose six boutons de même importance hésite, et celui qui hésite part souvent sans rien faire.

L’action principale découle de l’objectif. Si vous voulez des réservations, le bouton « Réserver » apparaît en tête de chaque page et au bas de chaque section. Le téléphone reste visible pour ceux qui préfèrent appeler.

Les actions principales selon le métier

  • Métier : Restaurant

    Action principale :
    Réserver une table
    Actions secondaires :
    Voir la carte, appeler, venir
  • Métier : Artisan

    Action principale :
    Demander un devis
    Actions secondaires :
    Appeler, voir les réalisations
  • Métier : Commerce

    Action principale :
    Acheter ou réserver un produit
    Actions secondaires :
    Venir en boutique, appeler
  • Métier : Salon

    Action principale :
    Prendre rendez-vous
    Actions secondaires :
    Voir les prestations, appeler
  • Métier : Services aux entreprises

    Action principale :
    Demander un rendez-vous
    Actions secondaires :
    Écrire, consulter les références

Faire l’inventaire de ce que vous avez déjà.

Vous avez plus de matière que vous ne le pensez. Avant de rédiger quoi que ce soit, rassemblez ce qui existe, même imparfait : c’est la base que votre prestataire mettra en forme. Un dossier partagé suffit, avec un sous-dossier pour les photos.

La liste à réunir.

  • Le logo et les couleurs, en fichier d’origine si possible (le fichier du graphiste plutôt qu’une capture d’écran).
  • Une vingtaine de photos récentes : le lieu, l’équipe, les réalisations, les produits. Prises au téléphone en lumière naturelle, elles suffisent souvent.
  • La liste des services ou des produits, avec pour chacun une phrase qui dit à qui il s’adresse.
  • Les questions que vos clients posent le plus souvent, notées avec leurs mots : elles deviendront votre FAQ.
  • Les avis déjà reçus, et vos qualifications, labels, certifications ou assurances professionnelles.
  • Les informations pratiques : adresse, horaires, zone d’intervention, moyens de paiement, accès et stationnement.
  • Les accès existants : nom de domaine, ancien site, fiche Google, réseaux sociaux, outil de réservation ou de caisse.
  • Deux ou trois sites que vous aimez et un que vous n’aimez pas, avec une phrase sur ce qui vous plaît ou vous gêne.

Les erreurs à éviter.

  • Attendre d’avoir des textes parfaits pour commencer : ils s’écrivent mieux devant une première version.
  • Illustrer votre travail avec des photos de banque d’images : vos clients le remarquent, et vos vraies photos rassurent davantage.
  • Oublier qui détient les accès actuels : un nom de domaine resté au nom d’un ancien prestataire peut bloquer tout le projet.

Lire aussi : Nom de domaine, code, données : ce qui doit vous appartenir

Dessiner le plan du site sur une feuille.

Un site de TPE se contente souvent d’une dizaine de pages bien choisies. Partez de vos services : un service important mérite sa propre page, parce que c’est ainsi que les gens le cherchent sur Google. On tape « pose de parquet à Lyon » ou « coloration végétale Nantes », rarement « menuiserie » ou « salon de coiffure » tout court.

Dessinez le plan à la main, une boîte par page, avec une flèche vers l’action principale. Si une page n’a ni question à laquelle répondre ni action à proposer, elle peut sans doute disparaître.

  • L’accueil : qui vous êtes, pour qui, où, et l’action principale.
  • Une page par service ou par famille de produits importante.
  • Les réalisations, la carte ou le catalogue : la preuve en images.
  • La page « À propos » : l’équipe, l’histoire, ce qui vous distingue.
  • Les avis et les questions fréquentes.
  • Le contact : adresse, carte, horaires, téléphone, formulaire.
  • Les mentions légales et la politique de confidentialité, obligatoires.

Exemples par métier

  • Restaurant

    Accueil, la carte en page web lisible sur téléphone, réservation, groupes et privatisation, accès et horaires.

  • Artisan

    Accueil, une page par type de travaux, réalisations avant et après, zone d’intervention, demande de devis.

  • Commerce

    Accueil, rayons ou collections, fiches produits, retrait et livraison, la boutique avec adresse et horaires.

  • Salon

    Accueil, prestations par catégorie, l’équipe, prise de rendez-vous, accès et horaires.

Poser les bonnes questions à votre prestataire, par écrit.

Beaucoup de déceptions viennent de sujets jamais abordés avant de signer. Posez ces questions par écrit et gardez les réponses : elles permettent de comparer les propositions et de rappeler à chacun ce qui a été promis.

  • Quel est le prix total, et que comprend-il précisément : hébergement, nom de domaine, adresses email, maintenance, modifications ?
  • Quand verrai-je une première version, et pourrai-je la juger avant de payer ?
  • Combien de temps faut-il pour une modification une fois le site en ligne ?
  • À qui appartiennent le nom de domaine, le code et les données, et au nom de qui sont-ils enregistrés ?
  • Où le site est-il hébergé, et les données de mes clients restent-elles dans l’Union européenne ?
  • Le site sera-t-il rapide sur téléphone, accessible aux personnes handicapées et conforme au RGPD ?
  • Que me remettez-vous si je change de prestataire, et sous quel délai ?
  • Y a-t-il une durée d’engagement, et comment résilier ?

Les erreurs à éviter.

  • Comparer des devis sur le seul total, sans regarder ce qui est inclus et ce qui sera facturé ensuite.
  • Accepter un contrat de location de longue durée sans savoir ce que vous récupérez à la fin.
  • Signer sans avoir vu une maquette, ni un site comparable réalisé par le prestataire.

Rassembler le tout dans un brief d’une page.

Réunissez vos réponses dans un seul document. Sa forme importe peu, pourvu qu’il soit complet. C’est ce brief que vous remettrez à chaque prestataire consulté : tous répondront ainsi à la même demande, et vous pourrez comparer leurs propositions point par point.

Le brief en neuf lignes.

  • Votre activité, en une phrase.
  • L’objectif du site, en une phrase vérifiable.
  • Le client type et la situation dans laquelle il vous cherche.
  • L’action principale attendue.
  • La zone géographique couverte.
  • Le plan du site envisagé.
  • Ce que vous avez déjà : photos, logo, textes, accès.
  • Les sites que vous aimez, et pourquoi.
  • La date de mise en ligne souhaitée, et ce qui la justifie : ouverture, saison, salon.

Pour aller plus loin, notre expertise : Création de site internet.

Voir l’expertise

Questions fréquentes.

Faut-il avoir tous ses textes avant de commencer ?

Non. Votre activité, vos services, vos coordonnées et quelques photos suffisent pour démarrer. Les textes s’écrivent mieux devant une première version, quand on voit la place qu’ils occupent. Notez surtout les questions que vos clients vous posent : c’est la matière la plus utile.

Faut-il un logo pour créer un site ?

Non. Votre nom bien composé dans une belle typographie fait très bien l’affaire au départ. Si vous avez un logo, demandez le fichier d’origine à votre graphiste : une image récupérée sur un réseau social est souvent trop petite pour un site.

Combien de pages doit avoir mon site ?

Autant que de recherches importantes pour votre activité, sans plus. Pour une TPE, c’est souvent une page d’accueil, une page par service principal, des réalisations et un contact. Huit pages utiles et à jour valent mieux que trente pages vides.

Un site d’une seule page peut-il suffire ?

Pour un lancement ou une activité très simple, oui : il montre vite l’essentiel. Sa limite apparaît dans Google, où une seule page peine à se positionner sur plusieurs services ou plusieurs villes. Dès que vous avez plusieurs métiers ou une zone large, prévoyez des pages séparées.

Puis-je garder mon nom de domaine actuel ?

Oui, et c’est souvent préférable : il porte l’historique de votre site auprès de Google. Il faut seulement en avoir les accès, ou savoir qui les détient. Notre guide sur ce qui doit vous appartenir explique comment le vérifier.

Que faut-il prévoir après la mise en ligne ?

Un site vit : horaires qui changent, nouveaux services, photos de saison. Prévoyez qui fait ces modifications et dans quel délai, ainsi que l’hébergement, les sauvegardes et les mises à jour de sécurité. Le mieux est de régler ces points avant de signer.

Voyez votre futur site avant de payer quoi que ce soit.

Quelques minutes pour décrire votre projet. Nous revenons vers vous avec une première version en ligne, à votre nom.